La Provence.com - 2/04/2015

Les mal-logés toujours plus nombreux en Paca

 

Pour la fondation Abbé Pierre, c’est dû au contexte économique et social

Nul doute que feu l’abbé Pierre se retournerait dans sa tombe en découvrant le 20e rapport de l’état du mal-logement en France, dévoilé aujourd’hui. Depuis 2001, le nombre de personnes sans domicile fixe a augmenté de près de 50 %, culminant désormais à 142 000 en France. Surtout, comme le note Fathi Bouaroua, directeur régional de la fondation Abbé Pierre : "Avant, ce chiffre concernait principalement des hommes seuls. Aujourd’hui, on compte 20 % de femmes, mais aussi beaucoup de jeunes de moins de 25 ans et des personnes de plus de 65 ans".

Derrière ces chiffres, se cache aussi la catégorie "des personnes qui galèrent à boucler leurs mois et payer leurs factures et également ceux qui vivent dans des conditions insalubres". On recense ainsi 350 000 mal-logés en Paca.

"Les loyers augmentent beaucoup plus que le pouvoir d’achat,constate Fathi Bouaroua. Maintenant, la classe moyenne aussi a des problèmes, pas seulement les pauvres. Travailler ne protège pas, et ne permet plus de se loger facilement dans des conditions dignes de ce nom." D’où l’augmentation importante des loyers impayés. Le nombre d’assignations a en effet grimpé de 6,5 % entre 2011 et 2013 en Paca.

Construire plus pour loger plus

L’évolution croissante de bénéficiaires du RSA (+ 5,5 % en Paca entre 2013 et 2014) n’est pas étrangère à ce constat, selon Fathi Bouaroua. "D’autant plus, précise-t-il, que la moitié de ces bénéficiaires le sont depuis plus de trois ans." Autrement dit : difficile de s’en sortir quand on tombe dedans.

Sur les 104 361 demandes de logements sociaux déposées l’an dernier dans la région, seules 15 051 ont été acceptées. Sachant qu’il y a "tous ceux qui n’osent même pas demander en pensant qu’ils n’y auront pas droit". Comme disait l’abbé Pierre, "il faut s’occuper des plus souffrants". Ensuite, de ceux qui sont en danger dans leur logement insalubre. Ceux-là aussi sont en nette progression, selon la fondation Abbé Pierre. Tout comme le nombre de procédures d’expulsions locatives. "Ce qui est triste, théorise Fathi Bouaroua, c’est que la vie coûte plus cher quand on n’a pas de logement. Expulser les gens, c’est scandaleux, surtout qu’on ne propose aucune alternative."

Pour sortir de ce marasme social, la fondation Abbé Pierre préconise quelques solutions. À commencer par une "vraie régulation des loyers"."Il faut imposer des règles de marché aux propriétaires, insiste Fathi Bouaroua. Le problème, c’est qu’on a vendu le logement comme un produit de spéculation, au détriment des locataires qui ne trouvent pas d’habitations adaptées à leurs besoins."

La tendance ne s’inversera pas par magie. Et encore moins sans la construction massive de logements HLM. "Sur ce point, l’État et les mairies sont responsables", fustige Aude Lévêque, chargée de mission à la fondation. Selon les derniers chiffres, 110 communes en Paca ne respecteraient pas la loi SRU-ALUR, qui oblige toute ville de plus de 3 500 habitants à disposer de 25 % de HLM. Concrètement, 8269 logements sociaux ont vu le jour l’an dernier en Paca. C’est loin, très loin, de l’objectif de 16 000 logements annoncés par l’État.

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