la Marseillaise.fr - 4/02/2016

Six consultations contre le #saturnisme infantile en #Paca


Écrit par jlembert

mercredi 3 février 2016 14:07 

La consultation environnementale créée en 2011 à l’hôpital Nord existe désormais à la Timone jumelée à la Pass sanitaire et sociale. Et se développe.

Dans le cadre de la lutte contre le saturnisme via notamment l’axe du plan régional de santé de l’ARS Paca dédié à l’habitat insalubre, les consultations infantiles environnementales initiées à l’hôpital Nord en 2011 s’étendent progressivement à quatre nouvelles villes que sont Nice (hôpital Lenval), Avignon, Manosque et Toulon. Le Dr Rémi Laporte, pédiatre à l’hôpital Nord, qui possède l’expérience et l’expertise coordonnera avec un ingénieur hospitalier ce réseau. Au total, six consultations sous la dénomination « Santé environnement précarité ». « Nos moyens ont été renforcés depuis 2015. La consultation à Nord existe aussi à la Timone et jumelée avec la Pass médico-sociale. On a quasiment trois infirmiers et une assistante sociale. L’idée théorique partait d’un constat : les enfants victimes d’inégalités sociales de santé souffrent à la fois d’expositions environnementales et de défaut d’accès aux soins ». L’ARS avait sollicité le CHU Nord « car des enfants vivaient dans des quartiers connus mais ils n’étaient suivis par personne. Les enfants arrivaient par les urgences, sans suivi régulier. Au début on avait que 10 cas de saturnisme contre aujourd’hui 50 dans le département ». 75 cas d’imprégnation au plomb en 2014. Pour lui, l’urgence est de supprimer le plomb à la source « sinon on part sur plusieurs décennies d’intoxication ». En 2014, 116 constats de risque d’exposition au plomb et 49 enquêtes environnementales ont été réalisés en région (chiffres ARS). Sur la période 2009-2013, 1258 plombémies de primodépistage sont comptabilisées en Paca avec 90 cas de saturnisme infantile au total. 165 enfants ayant une plombémie de primo-dépistage comprise entre 50 et 100 microgrammes par litre. Primo-dépistages concentrés à 80% sur Marseille (Cire Sud/N°15). Le principe de la consultation médicale comprenant : « une intervention à domicile de l’infirmière qui regarde l’état du logement et les critères d’indécence, en liaison avec une assistante sociale pour que les familles puissent faire valoir leurs droits ». L’objectif « est aussi de remettre ces patients dans un parcours de soin. Qu’ils soient acteurs de leur santé pour que ça devienne une force ». Il rappelle la difficulté de repérage chez les enfants, des facteurs de risque d’exposition au plomb qui ne sont pas spécifiques : « troubles du sommeil, comportement entre agitation et apathie, troubles de la concentration, de la mémorisation, une anémie ». Parmi les facteurs de risque : un habitat antérieur à 1949, le logement indigne, des travaux récents, la peinture au plomb qui s’effrite sur les montants de porte ou les garde-corps par exemple, ou bien trouvée sous forme de poussière. « Les enfants exposés au ferraillage dans les bidonvilles sont trois fois plus exposés que dans le logement indigne », selon le pédiatre. Le danger est clairement celui d’une exposition permanente. Le plomb va être stocké dans l’os. Au fur et à mesure des pics de croissance, il est libéré. Une intoxication endogène « qui peut durer des décennies » et avec des atteintes neurologiques durables. Une bonne chose que ces consultations. L’ARS n’a pas répondu à nos sollicitations.

N.F

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