Le Monde.fr - 2/09/2010

Après avoir stagné en 2009, les loyers augmentent de nouveau

 En dépit de la crise, les loyers sont repartis à la hausse en France en 2010.
 
Après une année 2009 morose, le marché locatif reprend lentement. "La hausse des nouveaux baux conclus au cours des huit premiers mois de 2010 s’élève à 3,5 %", indique Michel Mouillart, économiste spécialiste du logement, qui se base sur les données collectées par l’association Clameur auprès de 25 professionnels de la gestion locative dans plus de 1 000 communes.
 
La vitalité d’un tel marché se mesure aussi à la mobilité des locataires - c’est-à-dire la proportion de ceux qui ont changé de logement - de 26,5 %, cette année, un peu plus qu’en 2009, à 25,6 %, son point bas, mais au-dessous de la moyenne sur dix ans (27,8 %) et loin du record de 2004 (29,6 %). Toutefois, "en dépit d’une mobilité qui se redresse un peu, le marché reste inquiet et hésitant. Près de 180 000 candidats à la location ont préféré différer leur projet de déménagement, faute d’assurance dans l’avenir", poursuit M. Mouillart. Quant au prix des loyers, après avoir stagné en 2009, il progresse de 1,4 %, loin, et heureusement, des hausses de 4,5 % à 5 % des années 2000 à 2006.
 
Quelque 27 villes connaissent des hausses des loyers des nouveaux baux, Paris en tête, avec + 2,1 %, à 22,30 euros le loyer moyen du mètre carré mensuel, et des voisines d’Ile-de-France, Nanterre (+ 7,6 %), Issy-les-Moulineaux (+ 7 %), mais aussi Marseille (+ 1,8 %) et Bordeaux (+ 2,5 %). Une trentaine restent stables (entre - 1,5 % et + 1,5 %), dont Montpellier, Dijon, Nantes, Strasbourg, Lille et Toulouse, et une petite quinzaine voient leurs loyers baisser nettement, comme Mulhouse (- 3,3 %), Roubaix (- 2,6 %), Quimper (- 2,7 %), Montreuil (- 2,4 %), et même Neuilly-sur-Seine (- 1,7 %).
 
LOCATAIRES PLUS EXIGEANTS
 
Dans 17 départements, Clameur observe que le taux de vacance a, en deux ans, progressé de 50 %, comme dans l’Aube, la Savoie, le Vaucluse, la Côte-d’Or et le Pas-de-Calais. "La crise se lit dans ces territoires frappés par des fermetures d’entreprises et des plans sociaux", commente M. Mouillart. Ailleurs, le parc privé se trouve parfois en concurrence avec les logements sociaux, et l’ancien avec le neuf, qui représente désormais de 5 % à 6 % du marché.
 
"Les candidats locataires préfèrent les logements neufs, mieux isolés, avec un chauffage individuel et, surtout, un parking, ce qui disqualifie un peu l’ancien. Montpellier a ainsi vu une flopée de programmes neufs se remplir rapidement", confirme Franck Minart, de Lamy Sud-Est.
 
Les locataires se montrent de plus en plus exigeants sur la qualité des biens loués. Selon Clameur, 37 % des biens remis en location font l’objet de travaux avant d’être remis sur le marché. "A chaque départ de locataire, il est conseillé de donner un "coup de fraîcheur" à l’appartement", confie Georges Claré, directeur commercial de la location chez Foncia Ile-de-France.
 
Le parc locatif se renouvelle, avec l’arrivée des programmes neufs. "Nos clients traditionnels, professions libérales, commerçants, qui s’étaient constitué un patrimoine de dix, vingt voire trente logements, vieillissent et leurs héritiers mettent en vente, tandis qu’arrive une nouvelle génération de bailleurs, moins fortunés, attirés par les avantages fiscaux, qui ont acheté neuf, cher, et ont besoin du loyer, chaque mois, pour couvrir le crédit", constate Pascal Beuret, qui dirige Lamy Ile-de-France.
 
En dépit de la crise, les gestionnaires ne remarquent pas une montée claire des impayés mais notent une tendance à repousser le paiement du loyer, voire à déménager pour le faire baisser. "Nous avons vu un locataire déménager dans le même immeuble pour gagner 20 euros de loyer", dit Mme Noailly.
 
Enfin, la colocation gagne du terrain et, contrairement aux années précédentes, les loyers des grands logements progressent plus que ceux des studios. L’Association nationale d’information sur le logement (ANIL) estime à 160 000 le nombre de ces logements partagés par 370 000 colocataires, pas tous étudiants, qui abaissent ainsi leur quittance de 30 % à 50 %. "Les propriétaires sont de plus en plus ouverts à cette solution, car les locataires prêts à payer plus de 1 000 euros par mois se font rares, et cela divise les risques d’impayés", reconnaît Mme Noailly.
Isabelle Rey-Lefebvre
 

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