La Provence.com - 2/06/2015

L’HISTOIRE DU JOUR - Nuit agitée pour le marchand de sommeil

Marseille

Il n’a pas dû bien dormir, Armand Hazan, 76 ans, propriétaire de quelques logements dans le centre-ville et marchand de sommeil présumé, en dépit d’une cure en Israël qu’on lui souhaite de tout repos. Il n’a pas dû bien dormir, parce que son avocat a dû lui raconter que ses victimes étaient en colère hier. Une dizaine d’entre elles, qu’elles soient des locataires, des entrepreneurs, mais aussi l’Agence régionale de santé (ARS), s’étaient donné rendez-vous au palais de justice. Absence programmée ou réelle cure de repos ? Le tribunal correctionnel de Marseille aurait bien aimé lui poser quelques questions. "À des moments importants, on a l’impression qu’il a besoin de se ressourcer, M. Hazan", a ironisé le président Jérôme Reynes. Car en 2013, l’un des immeubles situé 28, rue Pavillon (1er), tout près de la rue de Rome, dont il avait la gestion avec sa SCI Mabrouk, a fait l’objet de deux arrêtés : l’un daté du 31 juillet pour insalubrité, l’autre du 3 septembre pour péril imminent. Un couple et leurs quatre enfants ont appris qu’ils étaient touchés par l’intoxication au plomb. Des relevés ont été effectués. Et ils ont démontré chez l’un des plus jeunes un taux cinq fois plus élevé que le plafond autorisé. Depuis, les enfants de la famille Kahloul sont soignés à l’hôpital Nord. Outre la mise en danger d’autrui, Armand Hazan, absent très désiré, répondait de faux et usage de faux, car soupçonné d’avoir rédigé de faux baux ou signé de faux documents, de travail dissimulé, de violation de domicile et de tentative d’extorsion de fonds pour se faire remettre des loyers. Le 15 août 2103, en dépit des procédures diligentées contre lui, il n’hésite pas à reloger des locataires au 5ème étage. En guise de travaux et pour se mettre en conformité, il fait repeindre à la hâte. Entendu par la police, il niera être à l’origine de la contamination au plomb de ses locataires et prétendra leur avoir proposé de les reloger. Discours très entendu, assure en riposte Me Chantal Bourglan : "Parole type du marchand de sommeil type. Le locataire refuse les travaux, le relogement ou alors il est responsable de l’état délabré de son logement." Pour le procureur Ludovic Leclerc, il y a "magouille à tous les étages". Métaphore à vocation locative. Il a réclamé hier 2 ans de prison contre Armand Hazan, dont un an de prison ferme, et une amende de 75 000 à 100 000 € contre sa société, la SCI Mabrouk. Cela calmera-t-il notre marchand de sommeil ? Peut-être moins que la cure en cours ? "Pourquoi voulez-vous qu’à 76 ans il commence une carrière de délinquant ?" l’a défendu hier son avocat, Me Lionel Roux. Jugement demain.

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