La Provence.com - 12/11/2012

Marseille : pauvreté, les femmes et les enfants d’abord

Publié le vendredi 09 novembre 2012 à 07H54

La crise frappe durement les familles, révèle un rapport du Secours Catholique
Dans les épiceries sociales du Secours catholique, les mères de famille trouvent à prix très bas des produits alimentaires de première nécessité.

Dans les épiceries sociales du Secours catholique, les mères de famille trouvent à prix très bas des produits alimentaires de première nécessité.

Photo Jérôme Rey

Deux packs de lait. Ou bien un kilo de courgettes. À moins de choisir deux tranches de jambon. Voilà ce qu’on peut acheter aujourd’hui en France pour 3 euros 45.

3,45€ par jour et par personne : c’est la somme dont dispose Françoise pour nourrir sa famille, déduction faite du loyer (600€ dont 128 restent à sa charge), des charges (38€), de l’assurance habitation (50€), du téléphone (55€) , de la carte de bus (35€). Sans oublier les 40€ pour la cantine, où ses deux enfants déjeunent deux jours par semaine, lorsque leur maman travaille, à temps partiel, auprès de personnes âgées.

Mais en cette fin d’automne, c’est la question du chauffage qui préoccupe cette mère de famille : déjà 105€ d’impayés de la saison précédente, et pas un sou de côté pour passer l’hiver au chaud. "Le moindre frais ferait sombrer ce foyer dans la spirale de l’exclusion", résume Marie Usai, responsable de l’accueil du Sacré-Coeur (8e arr.) qui va débloquer une aide d’urgence pour Françoise.

Des familles au bord du gouffre, il y en a des milliers dans les antennes du Secours Catholique. Le rapport que vient de publier l’association (lire ci-dessous) confirme que la pauvreté progresse en France comme une gangrène, touchant de plus en plus de familles, de femmes, d’enfants. Des chiffres accablants qui en disent plus longs que les discours.

Ainsi, la CAF des BdR a révélé qu’à Marseille où 26 % des habitants se situent au dessous le seuil de pauvreté (954€ par mois), près d’un enfant sur deux (44 %) vit dans un foyer à bas revenu (jusqu’à 60 % dans le 3e arr.), dans des appartements souvent insalubres, surpeuplés, mal chauffés. Et loués très chers. "L"un des problèmes majeurs dans des villes comme Marseille ou Aix, c’est le poids des loyers dans le budget des familles", explique Marie Usai.

La quasi-totalité des foyers aidés par le Secours Catholique attendent un logement social, en vain : le parc social de Paca ne compte que 56 logements pour 1000 habitants, moitié moins qu’en l’Ile-de-France. Résultat : "Seulement 39 % des petits Marseillais défavorisés habitent dans une HLM" s’inquiète la fondation Abbé Pierre dans son rapport 2012. Beaucoup d’autres s’entassent dans des taudis, où les guettent les problèmes respiratoires, l’asthme, le saturnisme, les retards de croissance, l’hyperactivité : autant de troubles liés au mal-logement, qui affectent la santé et la scolarité.

Autre spécificité locale, la part importante des enfants défavorisés qui vivent avec un seul parent, la mère en général (52 % contre 27 % dans la population générale marseillaise). Et comme ailleurs, le risque de pauvreté augmente dans les familles nombreuses.

D’après l’Unicef, avec 8,8 % d’enfants pauvres, la France se classe 14e sur 35 pays dits riches. Loin derrière l’Islande, la Finlande et Chypre.

Sophie Manelli

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