La Marseillaise - 17/06/2013

Des « invisibles » encore trop gênants pour avoir droit à l’abri

vendredi 14 juin 2013 11:02

Insoupçonnable, le petit bidonville qui servait d’abri aux familles a été détruit dans la journée par Marseille Aménagement. Insoupçonnable, le petit bidonville qui servait d’abri aux familles a été détruit dans la journée par Marseille Aménagement. Migué Mariotti

Les forces de l’ordre ont débarqué jeudi 13 juin au matin dans un bidonville avenue des Olives, dans le 13e arrondissement de Marseille pour en « évacuer » la cinquantaine d’occupants, des familles roms, qui s’y étaient réfugiées depuis plusieurs mois.

« On les voyait bien faire la manche aux feux tricolores sur le carrefour devant le fast-food, ou sur le parvis du métro de Frais Vallon mais leur campement était insoupçonnable », témoigne un riverain, étonné de voir ainsi parents et enfants cherchant l’ombre sur le trottoir. En contre-bas de l’avenue des Olives, planquées sous les arbres qui bordent le jarret, quelques familles se sont en effet installées discrètement après leur expulsion l’automne dernier de sous la passerelle du métro, en bordure d’autoroute.

Passé une petite grille en fer, on dégringole sur les berges de la rivière et apparaissent une dizaine de petite baraques. Le petit Samuel cherche désespérément de quoi jouer tandis que sa mère, Maria fait le tri de ce qu’elle peut récupérer. Deux cantonniers de Marseille Aménagement envoyés par la Ville de Marseille commence à débarrasser le site en remplissant des sacs poubelles. Des renforts et une benne suivront pour les gros matériaux.

La traque reprend

Des membres du collectif solidarité roms, du Parti de Gauche, de Resf et d’Alternative libertaire sont venus en soutien aux familles. Après le passage de la police, Maria et son fils, Florin, Enca et leur quatre enfants ont filé au local de la Protection Maternelle Infantile du CG où les médecins et infirmières leur ont offert café, eau et quelques vivres. « Ils sont venus par réflexe car nous les suivons depuis quelques mois. Là, ça va encore compliquer leur situation et aucune solution humaine n’est proposée à ces familles » déplore la directrice de l’institution.

Florin a reçu une OQTF (obligation à quitter le territoire français) et explique : « Je suis venu après les grandes inondations en Roumanie en 2012 qui ont noyé notre terrain. Mais ici non plus il n’y a pas de maison pour nous, mais on trouve des vêtements et de la nourriture...tous les jours j’allais demandé du travail à Brico dépôt. » En vain, malgré l’allègement par la France en 2012 des restrictions en matière d’emploi pour les Roumains et Bulgares. Florin s’endette pour prendre le car du retour : « c’est 100 euros par personne ».

D’autres expulsions sont programmées : le 17 juin aux Aygalades et début juillet au 91 boulevard de Plombières, sans compter La Capelette où vivent 400 Roms en sursis. Le nouveau gouvernement tente-t-il de battre le record de l’été 2010 où en 2 mois la France expulsait près d’un millier de Roms ?

Myriam Guillaume

 

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