20 minutes - 17/01/2006

Logement : La mairie de Marseille veut s’attaquer aux immeubles à risque

Interview de Philippe Berger, Adjoint au maire de Marseille, délégué à la Protection civile.

Mardi 17 janvier 2006
 

Le conseil municipal vient de lancer un nouveau plan pour lutter contre l’habitat indigne alors qu’un plan existait déjà depuis 2002. Les choses n’avaient pas avancé depuis ?

On s’aperçoit qu’il y a beaucoup à faire. Ce n’est pas facile puisqu’on touche là au domaine de l’immobilier privé. Les choses évoluent pourtant dans le bon sens. Depuis 1995, 822 dossiers d’intervention dans des immeubles à risque ont été établis. Nous avons procédé à 118 évacuations et il reste 109 dossiers en « péril actif », c’est-à-dire à traiter ou en cours de traitement. Le dernier en date est l’évacuation au mois de décembre de l’immeuble de la rue des Frères-Perez (3e).

Ces évacuations d’immeubles en péril sont-elles amenées à se multiplier ?

Oui. Pour moi, l’immeuble des Frères-Perez, c’est le commencement de la traque aux marchands de sommeil. J’aimerais les faire trembler, il faut qu’ils sachent qu’on ne va pas les lâcher. Pour cet immeuble, on a profité des nouveaux dispositifs légaux prévus dans la loi Borloo sur la cohésion sociale. Le fait que les copropriétaires de l’immeuble avaient refusé des travaux de mise en sécurité nous a permis d’engager une action au tribunal d’instance, qui a finalement autorisé l’évacuation de l’immeuble. Une prochaine opération de ce type est prévue la semaine prochaine dans un hôtel meublé du 1er arrondissement. Le but, c’est d’essayer de faire ça pour tous les hôtels insalubres du centre-ville.

Comment s’effectue le relogement des locataires ?

Toutes les familles de la rue des Frères-Perez ont été relogées. Pour le relogement d’urgence, on a réhabilité tout récemment le centre d’hébergement de la Batarelle (60 places). Mais c’est transitoire, pas plus de cinq jours. La difficulté, c’est de reloger ensuite ces personnes de manière pérenne. Les services du logement de la ville font une enquête sociale pour déterminer les possibilités des gens et trouver des solutions.

Qui prend en charge le relogement financièrement ?

Pour agir vite, les frais de relogement sont avancés par la ville mais les propriétaires doivent ensuite rembourser. A l’euro près.

Ces opérations d’évacuation ne sont-elles pas aussi un moyen de lutter contre l’immigration clandestine ?

Je n’ai jamais demandé de papiers à qui que ce soit pendant les évacuations. En tant qu’adjoint à la prévention des risques, ça ne me regarde pas. Après, en tant qu’élu, je pense qu’il faudrait être plus ferme. Avant les évacuations, on reçoit les locataires pour leur expliquer leur droit et ce qui va se passer. On essaye de traiter ces affaires avec beaucoup de coeur et d’humanité. Ma hantise, c’est d’avoir recours aux forces de police. Il ne faut pas tout mélanger.

Recueilli par Laurent Berneron

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