Les Echos.fr - 1er/02/2010

Près de 3,5 millions de mal-logés

La dépense moyenne annuelle pour se loger a connu une hausse de 23 % entre 2002 et 2007, bien supérieure à celle de l’évolution des prix à la consommation.
 
La crise du logement en France est bien antérieure à la crise économique et financière. Mais les effets de cette dernière sont venus accentuer les difficultés d’une partie de la population à accéder à un habitat digne et adapté à sa situation familiale. Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, dont les résultats sont publiés aujourd’hui, 3,5 millions de personnes étaient mal logées ou non logées en 2009. « A ce chiffre il faut rajouter 6 millions de personnes en situation de grande précarité qui peuvent basculer au moindre accident dans le mal-logement, explique Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre. Au total, ce sont donc 10 millions de personnes qui sont concernées. »
 
Il manque 900.000 logements
 
Ce chiffre s’explique en partie par le déficit de logements dont souffre actuellement l’Hexagone. Selon les experts de la Fondation, il manque aujourd’hui 900.000 logements en France. La pénurie est particulièrement sensible dans le logement social : 1,5 million de personnes sont actuellement en attente d’un logement de ce type, car la mobilité dans le parc locatif social est de plus en plus faible. Moins de 43.000 logements sociaux sont mis sur le marché chaque année.
 
Autre conséquence directe de cette pénurie : la forte augmentation des loyers. Pour une durée moyenne d’occupation de trois ans, les loyers augmentent de 50 % en douze ans. Et lorsque le logement change chaque année d’occupant, comme c’est souvent le cas pour les étudiants, l’augmentation est de 98 % sur la même période. Cette inflation des loyers, couplée à une augmentation des tarifs à l’achat, explique qu’en 2007 la dépense moyenne annuelle pour se loger atteignait 9.700 euros, alors qu’elle n’était que de 7.900 euros en 2002 (23 % de moins). De même, il fallait en moyenne trois années de revenus pour accéder à la propriété en 1996, il en faut désormais le double.

« Le constat est alarmant »
 
« Le plus préoccupant, c’est que cette crise du logement accentue encore les inégalités sociales existantes », s’inquiète Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation. En effet, la part des dépenses contraintes (logement, alimentation, vêtements…) est passée en trente ans de 24 % à 48 % du budget total pour les 20 % de Français les plus pauvres, alors qu’elle n’a augmenté que de 7 points pour les 20 % les plus aisés. « Ce constat est alarmant, pourtant l’effort de l’Etat en faveur du logement est quasiment à son niveau le plus bas depuis trente ans, souligne Patrick Doutreligne. Le logement social ne représente plus une priorité gouvernementale, c’est la fin des grandes ambitions. » Le budget du logement est passé de 7,58 milliards d’euros en 2009 à 7,24 pour 2010.
 
Quant au droit au logement opposable (Dalo), effectif depuis fin 2008, il a certes permis de reloger plus de 16.200 personnes, mais, à la fin de l’année 2009, plus de 10.000 candidats éligibles ayant reçu un avis favorable n’avaient pas reçu de proposition de relogement dans le délai légal.
 
MARIE BELLAN, Les Echos
 
 
[ 01/02/10 ]

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