Le Monde.fr - 11/10/2015

Les agents immobiliers retrouvent le sourire


LE MONDE ECONOMIE |

08.10.2015 à 11h29

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De mois en mois, depuis avril, le retour des acquéreurs sur le marché du logement ancien se confirme. La tendance s’est même amplifiée durant l’été, selon les statistiques du réseau d’agence Century 21, publiées jeudi 8 octobre. « Nous avons, au premier semestre, enregistré 15 % de transactions de plus qu’en 2014 à la même période, et même 18 % ces trois derniers mois, avec un record de trafic sur nos sites Internet », se félicite Laurent Vimont, PDG de l’enseigne. Selon ses calculs, Century 21 devrait finir l’année 2015 sur un score, au plan national, de 750 000 transactions, pas loin des 800 000 ventes, le record de 2007.

A Marseille, l’activité est en hausse de 30 %, à Lyon de 20 %, comme en Ile-de-France, et de 14 % dans les Pays de la Loire. Seule l’Alsace pique un peu du nez, avec un repli de 3 %, du fait de prix en hausse de 2 % : « La moindre augmentation des prix grippe les ventes », analyse M. Vimont, pour qui « ce sont les primo-accédants et ceux qui vendent pour acheter qui animent le marché ». Même les secteurs de la résidence secondaire et des maisons de campagne retrouvent un peu de vigueur, à prix certes cassés, mais pour des acquéreurs bien décidés.

Paris intra-muros est aussi animé que le reste du pays, avec, selon Century 21, une hausse du nombre des transactions de 15 % quel que soit le type de bien, petite ou grande surface, quartiers populaires ou chics… « Après trois ans d’attentisme, il y a un vrai changement de tendance », se réjouit Charles-Marie Jottras, PDG du réseau d’agences Féau, qui enregistre une hausse de 180 % de son chiffre d’affaires en septembre (comparé au même mois de 2014) et de 200 % du nombre d’affaires conclues.

« Nous constatons le retour de la clientèle bourgeoise française, qui recherche des trois ou quatre chambres, de 130 ou 150 mètres carrés, dans les immeubles haussmanniens des quartiers cossus de la capitale, les 16e et 17e arrondissements ou Neuilly, et débourse 11 000 euros par mètre carré, soit des ventes entre 800 000 et 2 millions d’euros », détaille M. Jottras. C’est sur ce type d’appartement que les prix ont le plus baissé, de 15 % depuis 2011. Les acheteurs pressentent que cela n’ira pas plus bas, que les taux d’intérêt des crédits vont redécoller, et passent donc aux actes.

Hausse des demandes de prêts

Résultat : les banques sont débordées de demandes de prêts, dont la production est, selon l’observatoire Crédit Logement, en hausse de 56 %, au troisième trimestre 2015 par rapport à la même période de 2014. Les notaires franciliens observent, eux aussi, que le plancher des prix parisiens a été atteint : le prix moyen du mètre carré, qui s’établissait à 7 980 euros en juillet, repassera prochainement la barre des 8 000 euros.

« Les acheteurs sont pressés et veulent conclure au plus vite, avant tout changement de contexte, assure Thierry Delesalle, notaire à Paris et chargé de la conjoncture immobilière. Mais les banques mettent du temps à leur répondre. Là où elles prenaient un mois pour accorder un prêt, il leur faut désormais deux mois et demi. En revanche, les formalités exigées par la loi ALUR rentrent petit à petit dans les mœurs des syndics, qui ont désormais sous la main les documents exigés et les communiquent plus rapidement. »

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« Le marché est équilibré, les prix stabilisés et je ne crois pas à leur envolée dans les mois qui viennent, rassure Laurent Vimont. Mais je vois qu’à Paris, l’encadrement des loyers fait fuir les investisseurs, qui ne représentent plus que 22 % du total des acheteurs, contre 29,8 % il y a un an, et reportent leur intérêt sur la Petite Couronne, là où les loyers sont encore libres. Ce que je crains, c’est qu’ils se tournent vers la très lucrative location touristique, via une plateforme bien connue. » Airbnb confirme d’ailleurs une croissance régulière du nombre de ses annonces dans la capitale : plus de 40 000…

« Je ne crois pas à un départ massif des bailleurs de Paris, tempère Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers. Le mécanisme d’encadrement de la loi ALUR corrige les excès que, de toute façon, le marché aurait sanctionnés. L’immobilier reste le placement le plus rémunérateur. » Une étude conjointe du courtier MeilleurTaux.com et du bureau d’études Asteres mesure que l’immobilier a, ces dix dernières années, offert un rendement annuel de 18 %, contre 14 % pour les actions du CAC 40. L’avenir sera peut-être moins brillant, avec des plus-values plus rares, mais l’immobilier restera, selon cette étude, bien placé, assurant une stabilité de sa performance, comparée à la volatilité de celle des actions.

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Isabelle Rey-Lefebvre

 

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