La Provence.com - 6/07/2015

Marseille : les Roms évacués d’un bâtiment risquant de s’écrouler


La Ville avait pris un arrêté de péril. 80 adultes et 60 enfants ont été contraints hier de quitter une ancienne caserne de la Belle-de-Mai

C’était peut-être le camp le plus discret, celui où les Roms auraient pu rester en attendant une intégration par le logement et l’emploi. Une ancienne caserne militaire, cachée au fond de la rue Masséna, à la Belle-de-Mai (3e), loin des habituels terrains vagues où s’entassent des cabanes bricolées. Mais non. Hier matin, les forces de l’ordre, flanquées d’une benne à ordures et d’une pelleteuse, ont évacué la caserne, appartenant à la Ville. Une caserne où vivaient près de 150 Roms. Autant dire qu’il s’agissait peut-être du plus grand bidonville de Marseille. En fait, à l’arrivée de la police, il ne restait guère plus d’une dizaine d’occupants, les autres, évidemment au courant, ayant "déménagé" la veille.

Pourquoi une telle évacuation à une époque où errer sous le soleil brûlant peut avoir de fâcheuses conséquences pour l’organisme ? Hier après-midi, la préfecture, qui parlait de "circonstances exceptionnelles", expliquait : "L’opération d’évacuation de la caserne Masséna s’est effectuée en urgence compte tenu du danger grave et imminent auquel étaient exposées les familles. Le bâtiment a fait l’objet d’une évaluation par un expert mandaté par la ville de Marseille (...). Les désordres constatés dans le bâtiment principal, à savoir risques de chute de tuiles, plafonds et bâtiment menaçant de s’effondrer, escaliers dépourvus de garde-corps témoignant d’une dégradation globale de la structure bâtie, ont conduit la ville de Marseille à prendre un arrêté de péril grave et imminent. Au total, ce sont 140 personnes présentes sur le site, dont 60 enfants, qui étaient exposés à des chutes et accidents potentiels."

Si elle reste toujours douloureuse, une évacuation doit être heureusement réalisée, aujourd’hui, dans le cadre de la circulaire interministérielle d’août 2012 qui contraint les pouvoirs publics à "la mise en oeuvre d’un travail de diagnostic et d’accompagnement social préparatoire à l’exécution de la décision d’expulsion des campements illicites".

Autrement dit, la préfecture est tenue de venir en aide aux Roms les plus vulnérables. Ce qu’elle aurait fait jeudi. Selon le Samu social, présent pour l’accompagnement des personnes évacuées, quatre familles, soit vingt personnes, ont été relogées à l’hôtel pour six nuits renouvelables. Trois autres familles, composées de treize personnes au total, ont également trouvé le même type de toit hier matin. "Les autres, expliquait-on encore au Samu social, on dit qu’ils avaient un lieu pour se loger." On imagine sans mal le type d’hébergement pour lequel ils auraient opté : un autre squat, une vieille maison délabrée, voire un jardin public. Une chose est sûre, pour une partie des 140 Roms, la vie d’errance continue.

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