La Marseillaise - 22/02/2008

Contre des HLM à 2 (ou 3 ou 4) vitesses

 
Conventionnement global. La CNL organise la riposte contre la fin d’un logement social de qualité.

« Conception renouvelée du service public, meilleure satisfaction des habitants, politique sociale, concertation… Derrière ce flot de bons sentiments, la réalité est tout autre. Cette opération n’a qu’un seul objectif : le déplafonnement généralisé des loyers au seul avantage de l’organisme bailleur ». Présidente départementale de la confédération nationale du logement (CNL), Louise Nenna exprime son opposition au « conventionnement global du patrimoine ». Derrière cette formulation absconse, se trouve « un classement des ensembles en fonction des qualités immobilières et porte sur la gestion du patrimoine, celle sociale et celle quotidienne de proximité » pour reprendre la définition de l’union sociale de l’habitat. Pour la CNL, il ne s’agit que de « classer des groupes de logements selon leur environnement, le niveau social de leurs habitants afin de moduler les loyers et les charges ». C’est ce qui motive la manifestation organisée mardi prochain à partir de 9h30 devant les bureaux de HMP à Frais Vallon.

HMP l’applique, l’OPAC Sud non
Manifestation mardi 26 février à 9h30 devant le siège d’Habitat Marseille Provence à Frais Vallon (13e).
Pourquoi Habitat Marseille Provence – office lié à la Ville de Marseille - attire les foudres des militants du logement ? Parce que depuis mars 2007, un décret laisse le choix du conventionnement aux bailleurs. A Marseille, seul HMP a pris cette option, « malgré un vote négatif des représentants d’association, des syndicats et du maire des 13/14 » précise Samira Dadi, administratrice CNL à HMP. Et d’argumenter sur les effets d’une telle décision : « cela va provoquer des loyers supérieurs pour les nouveaux locataires, de possibles augmentations annuelles de 5% pour les locataires en place ainsi que la récupération de la totalité des charges locatives. Cela signifie la disparition de la solidarité et l’abandon de la mixité sociale ».

L’OPAC Sud, lié au Département, a lui décidé de ne pas s’engager dans cette voie du conventionnement. Un choix qui a un coût puisque cela signifie qu’il n’aura pas d’exonération de la taxe foncière des propriétés bâties pendant plusieurs années, soit 1 million d’euros de perte sèche par an. De plus, 60% des locataires étant sous le seuil de pauvreté, l’Opac Sud ne peut leur imposer une augmentation de loyer pour financer des remises aux normes pourtant nécessaires. Le conventionnement global aurait non seulement permis de dépasser les plafonds de loyer pour trouver la trésorerie nécessaire mais aussi de « mutualiser les loyers pour financer ces travaux » souligne Bruno Champetier, directeur de la proximité locative et du patrimoine. Et de préciser : « mais les fédérations de locataires avec lesquelles nous travaillons en concertation ont dit leur opposition au conventionnement, il était donc inenvisageable de leur imposer. Nous préférons négocier avec elle un plan de modernisation qui devrait permettre dans les 5 ou 10 ans à venir, de proposer un programme sur chaque cité ».

L’Opac Sud a donc décidé de prendre la voie la plus complexe et la moins juteuse pour rénover son patrimoine. « Aujourd’hui, on a encore cette liberté de choix, mais rien de dit que cela durera et que le conventionnement ne finira pas par être imposé » conclut Bruno Champetier, comprenant les craintes des fédérations de locataires concernant les arrières pensées possibles des bailleurs.

ANGÉLIQUE SCHALLER

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