Les Echos - 22/12/2011

Lutte contre l’exclusion : Sarkozy pris au piège de ses engagements

 Combien de fois le chef de l’Etat n’aura-t-il pas entendu qu’il était le « président des riches » ? Cette image, qui lui vient tout droit des débuts du quinquennat jugés trop clinquants par les Français, Nicolas Sarkozy a tenté une nouvelle fois de s’en défaire jeudi 22 décembre en faisant un déplacement dans un centre de logistique des Restos du coeur à Vitry-sur-Seine. Il a également visité un centre de distribution alimentaire dans le 15e arrondissement de Paris. « Les Restos du coeur, c’est une association qui fait un travail remarquable », a déclaré le chef de l’Etat, « j’ai voulu la mettre à l’honneur, la remercier, et à travers les Restos du coeur remercier tous les bénévoles ».

François Hollande n’a pas attendu cette visite pour tirer à boulet rouge sur le bilan du quinquenat en matière de lutte contre la pauvreté. En visite la semaine dernière dans un centre d’hébergement d’urgence d’Emmaüs, il a conclu son discours par ces mots : « Je veux être le président de la justice face à un président qui a été celui des inégalités ».

La réalité des chiffre est sans appel : selon l’Insee, l’écart entre les 10 % les plus riches et les 20 % les plus pauvres s’est accru de 30 % entre 2004 et 2010. Le patrimoine moyen détenu par les 10 % des ménages les mieux dotés est ainsi 35 fois plus élevé que celui détenu par les 50 % les moins dotés. Parallèlement, le nombre de personnes pauvres, en prenant l’indicateur du taux de pauvreté monétaire relative, a augmenté de 0,4 point en 2009 par rapport à 2006. Une légère augmentation mais pas une explosion alors que le pays est en crise depuis 2008.

C’est là tout le paradoxe du bilan du président sortant. Nicolas Sarkozy a échoué, lui qui avait pris l’engagement de réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans. Et pourtant, les réformes entreprises dans ce domaine sont nombreuses. La création du revenu de solidarité active d’abord, qui a permis, en 2010, de faire baisser le nombre de pauvres de 2 % (150.000 personnes) et le taux de pauvreté de 0,2 point, selon le dernier rapport du comité d’évaluation du RSA. Le droit au logement opposable (DALO) ensuite, dont l’effectivité est très problématique en Ile-de-France et en PACA, mais qui permet de reloger correctement les personnes prioritaires dans trois départements sur quatre, selon le comité de suivi DALO. On peut également citer la création de 25.000 places supplémentaires d’hébergements d’urgence depuis 2007 ou la revalorisation de 25 % sur cinq ans du minimum vieillesse et de l’allocation adulte handicapé.

« Grâce à ces filets, on a permis de juguler une augmentation massive des personnes précaires en temps de crise et d’aider ceux qui sont tout juste en dessous du seuil de pauvreté. Mais pour les plus démunis, la situation s’est très nettement aggravée », s’inquiète Bernard Thibaud, le secrétaire général du Secours catholique.
MARIE BELLAN

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