La Provence.com - 6/05/2014

"Il faut 15 000 appartements sociaux"

Marseille


"On ne répond pas aux besoins de cette demande sociale très forte", déplore Fathi Bouaroua le responsable la Fondation Abbé Pierre qui en début d’année déjà brossait un portrait alarmant du logement à travers son 19e rapport sur le mal-logement. Et c’est une spécificité française. Une seule règle persiste tristement :"Le nombre de logements vacants est toujours équivalent au nombre de demandeurs."

"Seuls 3 589 logements sociaux ont été financés"

Une équation immuable. "La raison est avant tout l’inadéquation entre le parc de logement vacant et les demandeurs. Les loyers du privé ne correspondent pas aux capacités de paiement d’un locataire demandeur. Et cela s’est aggravé puisqu’en dix ans tous les loyers confondus ont augmenté de 50 % sans parler des charges et le prix gaz qui a augmenté de 62 % pendant la même période. Il y a donc un problème global entre les revenus des personnes et le coût d’un logement. La situation est explosive dans tous les grands centres urbains. Quelqu’un de célibataire consacre souvent plus de 40 % de ses ressources pour le loyer. 10 % de ses revenus sont consacrés à payer le chauffage, d’où la question aussi de la précarité énergétique".

Pour Fathi Bouaroua, plusieurs solutions sont à envisager."Il faut que les loyers soient contrôlés afin de pouvoir retransformer le logement en bien de première nécessité. Par ailleurs, il faut assurer la construction de logements sociaux. L’année dernière, on avait 64 960 demandeurs de logements dans le département : seuls 3 589 logements sociaux ont été financés. Le besoin immédiat à Marseille est de 15 000."

Il revient enfin sur la problématique de ce foncier laissé à l’abandon depuis quinze ans. "Cette politique n’était pas faite pour répondre aux besoins sociaux mais une volonté d’urbanisme, une logique foncière. Une politique non productive qui avait déjà eu lieu sous l’ancien maire socialiste Gaston Defferre. Ce n’est qu’un mauvais calcul". Par ailleurs, la réquisition souhaitée par l’État peine à montrer ses vertus...

"Souvent le problème, c’est que l’on part de milliers de logements trouvés vacants mais seuls quelques centaines sont opérationnelles. Par ailleurs, le souci c’est que l’association ou l’organisme qui va prendre en charge le logement à la place de l’État doit aussi assurer les travaux. Or la durée est trop courte pour amortir la durée de ces travaux, entre 1 à 6 ans. La réquisition a ses limites ", lâche M. Bouaroua.

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