L’Humanité - 4/03/2009

Retour au calme sur les loyers


Malgré les disparités géographiques, la hausse des loyers pour les logements du secteur privé tend à se stabiliser.

« Quelles que soient les villes, la demande est inquiète et fragilisée », résume Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université de Nanterre et directeur scientifique de l’observatoire des loyers CLAMEUR (Connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux). L’examen des marchés locatifs privés, en 2008 et pour le premier trimestre 2009, montre que les loyers de marché (1) ont tendance à se stabiliser. Ainsi, après une hausse de 3,3 % en moyenne depuis 1998, la hausse pour 2009 est comprise entre 0,5 et 1 %. « Ce ralentissement sensible marque une évolution très en deçà de celui de l’indice des prix à la consommation », nuance Michel Mouillart. En cause, le comportement des ménages qui reportent leurs projets de mobilité résidentielle et qui, par conséquent, entament le dynamisme du marché. Le début 2009 voit donc l’activité (le nombre de baux signés) reculer de 11,2 % (contre - 2,8 % en 2008). L’offre, qui dépend à 95 % du départ des locataires, a donc tendance à se contracter. De même, alors que l’accession à la propriété se tasse, on observe un report de la demande sur le marché locatif. Celle-ci continue donc à être plus importante que l’offre. En 2008, pour réduire les risques de vacance, les propriétaires ont accentué les efforts d’entretien des logements destinés à la location. De plus, Michel Mouillart note que « la hausse des loyers de relocation (c’est-à-dire le loyer des logements remis sur le marché après le départ du locataire - NDLR) affiche également un ralentissement ». Ainsi, cette hausse est à son plus bas niveau depuis dix ans, soit 5,4 % (au lieu de 6,9 % d’augmentation en 2004, par exemple).

La moyenne du prix au mètre carré se situe à 12 euros au niveau national. Cependant de fortes disparités sont à l’oeuvre en fonction des régions. Ainsi, si l’Île-de-France affiche une moyenne de 17 euros/m², le prix en Provence-Alpes-Côte d’Azur tourne autour de 12,50 euros. Par ailleurs, les loyers ne baissent pas partout au même rythme. Si en Basse-Normandie le recul est de 5,2 % ; la Bourgogne observe toujours une hausse de 4,7 %. Pour un même marché local de l’habitat, il existe d’ailleurs une « dispersion prononcée des loyers ». Les locataires nantais peuvent dépenser de 5 à 16 euros par mètre carré. En 2009, 43,8 % des villes voient leurs loyers reculer à l’instar de Paris (- 1,8 %) où tous les arrondissements sont l’objet de la même tendance, « sauf à l’ouest et dans une partie du sud, qui résiste bien », note Michel Mouillart. Soit les quartiers les moins populaires. Enfin, il existe une corrélation entre les prix des loyers et la composition sociologique des villes. Ainsi, dans les agglomérations où les loyers sont les plus bas, le niveau de ressources des ménages est également faible.

(1) Loyers des logements mis en location et ceux des logements reloués à la fin d’un bail.

Lina Sankari

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