La Provence.com - 5/11/2015

LES 3 QUESTIONS À ARLETTE FRUCTUS ADJOINTE (UDI) À L’HABITAT "L’État doit s’engager davantage"

 
 

Le rapport Nicol est très critique sur l’action de la Ville. Quel regard portez-vous sur ses conclusions ?

Il faut recontextualiser : c’est à la demande de la Municipalité, dans le cadre de l’élaboration du contrat de Ville, que l’État a fait réaliser ce rapport. Celui-ci n’est pas seulement critique pour la Ville. L’Etat aussi en prend pour son grade. J’attendais autre chose de ce travail : non pas qu’on nous explique comment il faut organiser les services de la Ville, ce qui est très cavalier, mais qu’on réponde aux questions qui se posent, d’après notre retour d’expérience, pour rendre plus efficace le plan d’éradication de l’habitat indigne engagé dès 2003 par la Ville et renouvelé en 2008. 500 immeubles ont été identifiés. Un travail a été commencé sur des copropriétés dégradées.

Ce qui fait défaut aujourd’hui, ce sont les modalités de mise en oeuvre du soutien de l’État. Par exemple, c’est la Ville qui assume le déficit de 20 millions d’euros des deux concessions d’aménagement qui travaillent sur les copropriétés dégradées. Autre exemple : quand on prend un arrêté de péril, et que le propriétaire est défaillant, il faudrait faire réaliser les travaux d’office. Mais c’est un puits sans fonds ! Et puis, il faut reloger les locataires. Moi, j’attendais des pistes sérieuses pour avancer dans ces procédures. Pas des leçons. Pour lutter contre l’habitat dégradé, l’argent reste le nerf de la guerre. L’État doit davantage s’engager.

Malgré tout, le rapport pointe des dysfonctionnements au sein des services municipaux...

Il a été remis en mai à la ministre et ne nous a été présenté officiellement il y a seulement quelques jours. Entre-temps, des mesures ont déjà été prises par l’État... mais pas appliquées. Par exemple, 5 personnes de l’Agence régionale de santé doivent travailler sur les problèmes d’insalubrité avec la Ville. Où sont-elles ? J’ai interpellé le Préfet à ce sujet. Autre problème : aujourd’hui, les dispositifs de l’État (Anah, Anru) s’entremêlent et parfois se neutralisent. Il faut rationaliser, mettre en cohérence.

Aix-Marseille Métropole sera en place début janvier. Qu’est-ce que ça va changer pour la politique de lutte contre l’habitat indigne ?

Cette compétence va être transférée. D’ici la fin de l’année, nous devons trouver un protocole partenarial pour définir un nouveau cadre d’intervention. Nous avons un financement de 2 millions d’euros pour faire réaliser une étude afin de nous organiser. Mais à part ça, on ignore encore tout des budgets.

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