La Marseillaise - 1er/04/2010

Frappés de fermetures, ils restent ouverts

 
 
Centre-ville. De récentes affaires concernant les hôtels meublés démontrent que les prescriptions de la commission municipale de sécurité ne sont pas respectées. Au profit de qui ?
 
 
 
L’existence dans le centre-ville de Marseille de marchands de sommeil faisant profession d’hôteliers n’est un secret pour personne. Régulièrement, la visite de la commission de sécurité entraîne la fermeture desdits établissements. Mais, parfois, certains de ces hôtels semblent passer entre les mailles du filet municipal. C’est notamment le cas de l’hôtel situé au 44, de la rue Nationale, à Belsunce.
Depuis plusieurs années, l’immeuble est la propriété de Marseille Aménagement, société d’économie mixte qui avait la gestion de la rénovation du centre-ville jusqu’à la fin 2009. Le bail commercial est détenu par un certain Chaloum Boukris, propriétaire de deux autres établissements dans le même périmètre.
En novembre, l’établissement a été frappé d’un arrêté de fermeture. Une partie des locataires a été évacuée le 30 novembre et l’immeuble fermé. Cette opération a eu lieu quelques jours avant la rétrocession de ce bien à la Ville de Marseille par Marseille Aménagement dans le cadre de la clôture du Périmètre de restauration immobilière (La Marseillaise du 11 février).
 
15 ans d’interdiction
 
C’est en aidant les locataires dans leurs procédures de relogement que l’association un « Centre ville pour tous » a pu remonter l’histoire de cet établissement. «  Nous avons fait des recherches dans les archives municipales, explique Norredine Abouakil, porte-parole de l’association. Nous avons découvert que cet hôtel qui a changé plusieurs fois de nom a fait l’objet d’un arrêté de fermeture en 1995. Et nous n’avons trouvé nulle trace d’un arrêté de réouverture. » Selon les informations réunies par l’association, l’hôtel fermé en novembre n’aurait jamais dû être rouvert puisqu’il était frappé d’une interdiction vieille de 15 ans. Passe-droit ? Oubli ? Arrêté de réouverture égaré ?
La situation rocambolesque de cet hôtel pose question. N’y a-t-il pas un risque qu’une telle situation se reproduise ?
En effet, l’hôtel Lunik, situé rue Mazagran, a été touché par un incendie au mois de février. Or, il semble avoir retrouvé une certaine vie nocturne ces dernières semaines. De nombreux témoignages de riverains indiquent que cet hôtel frappé d’un arrêté de fermeture depuis le sinistre continue de recevoir du public. « Oui, il est habité », confirme le voisin d’en face. Le patron d’un autre hôtel situé à quelques mètres affirme à son tour avoir orienté plusieurs clients vers cet établissement. Un autre voisin indique : « Les gens viennent le soir. La journée, c’est trop risqué, la police tourne. » Or, c’est à cette dernière que revient l’obligation de faire respecter les arrêtés municipaux.
 
BENOIT GILLES
01-04-2010
 
 
« Un plan d’action sur 16 mois »
 
Nous avons pu interroger José Allegrini, élu en charge de la commission de sécurité, en marge du conseil municipal, ce lundi. Cet entretien a eu lieu avant les révélations de l’association « Un centre ville pour tous » lors d’une conférence de presse ce mercredi. L’élu n’a pas pu y réagir.
Toutefois, José Allegrini est largement revenu sur les intentions municipales en ce qui concerne les hôtels meublés. « Nous allons mettre en place une équipe dédiée à cette problématique. L’idée est d’accélérer le rythme de la sécurisation de ces établissements recevant du public en partant d’un point de situation des 450 établissements du centre-ville. Mon intention est de déboucher d’ici 16 mois sur un plan global. »
L’intention de l’adjoint au maire est de procéder au « déclassement » des hôtels qui ne répondraient pas aux injonctions de travaux formulées par la commission. «  En leur supprimant l’autorisation de recevoir du public, nous empêcherons les marchands de sommeil qui gèrent certains de ces hôtels de poursuivre leur activité. D’autre part, cela imposera aux propriétaires des murs d’agir pour se mettre en conformité avec les lois concernant les logements indignes. »
Interrogé sur la situation de Lunik, José Allegrini a indiqué que cet établissement avait fait l’objet d’une injonction de travaux après un avis défavorable de la commission de sécurité. Selon lui, la propriétaire du fonds de commerce aurait effectué lesdits travaux. «  Mais il y a une obligation de continuité d’entretien. La commission ne repasse pas tous les six mois pour veiller à cela. »

A savoir : 450 hôtels meublés - Qui est propriétaire ?
 

Et aussi

4/05/2014
Non-mise en oeuvre de la délibération municipale de février 2008 concernant la production de logements sociaux pour les vieux travailleurs immigrés, premières victimes de la ¨reconquête¨ du centre-ville.(Analyse et suivi)

31/03/2017
Un Centre Ville Pour Tous a besoin de vous !(Invitation aux adhérents, sympathisants et partenaires)

14/12/2016
Les Comités Régionaux de l’Habitat et de l’Hébergement en 2016(DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur)

15/04/2017
Registre national des copropriétés et Régime d’aide "Habiter Mieux - Copropriété" partager sur facebook(DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur)

28/01/2016
Le 21ème rapport sur le Mal logement(Fondation Abbé Pierre)

10/03/2017
Bilan provisoire 2016 du droit au logement opposable (DALO) en PACA (DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur)

2/05/2017
Les chiffres-clés du logement en PACA en 2015(DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur)

21/11/2015
Rendez-vous de CVPT "Le logement indigne à Marseille : changer de niveau et de méthode" (Communiqué)

16/10/2014
"Une inaction inadmissible contre les marchands de sommeil"(Communiqué)

4/04/2014
La vacance de logement au centre ville de Marseille(Rapport de stage)

26/04/2017
Programmation Anah en PACA pour 2017(DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur)

13/04/2017
Qualité de vie en PACA : Logement, emploi, revenus et cadre de vie différencient les territoires partager sur facebook partager sur twitter(DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur)

21/03/2014
LES REPONSES DES CANDIDATS AUX ELECTIONS MUNICIPALES DE MARSEILLE AUX QUESTIONS POSEES PAR L’ASSOCIATION "UN CENTRE VILLE POUR TOUS"(Communiqué)

26/03/2016
UNE ECOLE POUR NOAILLES(Communiqué)

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0