La Provence.com - 12/03/2012

Marseille : Le Panier, valeur en baisse ?

Selon les professionnels de l’immobilier, les prix chutent et l’attrait n’est plus le même. Ce n’est pas l’avis des habitants
Au Panier, les rues sont actuellement très calmes. Une physionomie habituelle en hiver, diront certains habitants. Pour d’autres, le quartier est en train de perdre de sa vitalité.

Elle n’a pas regagné la capitale. Mais elle a fui le Panier. Elle, c’est une famille de Parisiens venue s’installer dans ce quartier qui, dit-on, ferait rêver au-dessus de La Loire. Mais ces Parisiens-là ont déchanté. "Ils ont connu plein de petits tracas quotidiens, raconte un proche, rues bloquées, saleté, bruit, vols, alors ils sont partis en 2006." Adieu le Panier, bonjour Mimet. Cas exceptionnel ? À la Fnaim (Fédération nationale des agents immobiliers), cette mésaventure ne surprendra personne. Lors de son bilan 2011, René Ancellin, responsable de la commission transaction, déclarait que le centre-ville, notamment le Panier et Belsunce, avait "déçu la clientèle de bobos".

Pourquoi ? Lui aussi met en avant les fameux petits tracas. "Du coup, c’est devenu de plus en plus dur à louer. Il a fallu baisser les loyers. Et forcément les investisseurs ont été moins intéressés. Aujourd’hui, on n’achète plus un logement au même prix." À la Fnaim, on parle d’un marché "atone", avec des prix à la baisse donc, qui ressemblent de plus en plus à ce qui se pratique dans l’ensemble de la ville. "Les prix s’harmonisent à Marseille, hormis dans le 3e où ils restent bas. Les bobos préfèrent aujourd’hui les 4e et 5e arrondissements. Fin 2011, on n’a pratiquement pas vendu au Panier." La belle vitrine de Marseille est-elle en train de se fissurer ? Un élu UMP, qui connaît bien le dossier et qui n’a aucun intérêt à noircir le tableau, va dans ce sens.

"Les loyers ont baissé et les investisseurs ont été moins intéressés"

"Ce qu’on dit à la Fnaim est vrai à 80 %. Au départ, les propriétaires ont été aidés financièrement pour faire des travaux et louer. Le problème, c’est que la gestion urbaine, c’est-à-dire tout ce qui touche à la propreté, la circulation, le stationnement n’a pas suivi. Alors, les locataires sont partis. Les propriétaires, après être restés 9 ans en place comme l’imposait la loi, ont vendu et les nouveaux propriétaires ont loué à des prix plus bas . Le scénario a été le même à Belsunce. Tout a bien fonctionné jusqu’à environ 2004. Depuis, ça se dégrade." Mais que vaut concrètement un appartement au Panier ? À la Fnaim, on donne l’exemple d’un T3 de 66 m², en bon état, vendu 97 500 €. Le même, au coeur de la cité Consolat (15e), c’est... 130 000 €.

Faut-il s’affoler ? Dans la population, on a plutôt envie d’en rire (voir par ailleurs). Chez les professionnels de l’immobilier, Agnès assure : "On vend moins qu’il y a 6 ans et on reçoit moins de monde mais ce n’est pas une question de quartier. Toute la ville est touchée. L’origine, c’est la crise de 2008. Puis j’ai l’impression qu’il y a une rétention de produits. Je crois que les gens attendent 2013 pour vendre. Mais le Panier reste attractif et les prix ne baissent pas. Le Panier est un vieux quartier où il existe une vie que l’on ne retrouvera peut-être pas ailleurs."

"Je bondis quand j’entends que le panier a perdu son âme"

Autre défenseur du Panier, le président de son CIQ, Jacky Halter : "Je ne vois pas de changement. Oui, la population se transforme. Dans un appartement où il y avait trois familles, on va trouver aujourd’hui un couple avec un labrador. Mais il n’y a pas de fuite. Les occupants, souvent des jeunes retraités en bonne santé, vivent bien. Il y a peut-être des gens qui partent, parce qu’ils croyaient que c’était Montmartre ici, mais c’est une minorité."

Dans l’entourage de Jacky Halter, Minh, artiste d’origine vietnamienne, est peut-être l’habitante qui croit le plus au Panier, elle qui va ouvrir une galerie associative, "La closerie du Panier", où habitants et touristes pourront se plonger, à travers des expos, dans l’histoire du Panier.

Mais le meilleur défenseur du quartier reste peut-être son maire PS, Lisette Narducci : "Il est faux de dire que le Panier va mal. Si on en parle moins, c’est parce qu’on s’intéresse à d’autres choses comme le J4 ou le Vieux-Port, où il y a du changement. Mais ça ne veut pas dire que le Panier intéresse moins. Il est toujours attractif d’autant plus qu’il y a beaucoup de travaux de réaménagement. Les gens du Panier sont fiers d’y vivre. Je bondis quand j’entends que le Panier a perdu son âme."

"On était 40 parisiens, la plupart sont restés"

L’âge de la retraite, les tempes grises, les joues un peu pâles peut-être mais ils sont tout sauf moroses. Richard et Michel sont deux Parisiens installés au Panier. Le premier y vit depuis 1998. "Je travaillais au Cereq à Paris, puis il y a eu ...

L’âge de la retraite, les tempes grises, les joues un peu pâles peut-être mais ils sont tout sauf moroses. Richard et Michel sont deux Parisiens installés au Panier. Le premier y vit depuis 1998. "Je travaillais au Cereq à Paris, puis il y a eu une délocalisation. On a été 40 à devoir venir travailler à Marseille. Moi, je me suis dit qu’un poste de fonctionnaire au soleil, ça ne se refusait pas. Tout le monde n’a pas pensé la même chose mais on a tous quitté Paris en 1992 et la plupart sont restés à Marseille."

Richard a d’abord opté pour Le Corbusier avant de mettre le cap sur le Panier et la rue Sainte-Françoise où il vit aujourd’hui. "Je me souviens qu’en 1992, il y avait des cambriolages et les taxis ne montaient pas à la Place des Moulins mais ça a changé. Le quartier est intéressant. La preuve : cinq appartements se sont libérés dans mon immeuble en deux ans et ils ont tous été occupés."

Michel, ancien responsable d’une agence de communication à Paris, qui s’est installé rue Beauregard, met l’accent sur le côté pratique du quartier : "Je suis venu habiter au Panier en 2006 et je n’ai plus besoin de voiture. J’ai toujours un sac à dos et je fais tout à pied. Et comme il y a beaucoup de pentes et d’escaliers, je fais du sport. Si j’avais les moyens, je passerais la moitié de mon temps à Paris où j’ai mes enfants mais je suis bien au Panier. Et je ne crois pas qu’on puisse dire que les prix baissent ici. Je vous mets au défi de trouver un T1 à moins de 450 € de loyer. Les appartements restent très recherchés surtout ceux qui sont en étage."

En matière de propreté, Richard et Michel s’accordent à dire que la situation s’est améliorée. Quant aux vols, il s’agirait d’actes ciblés contre des personnes ayant oublié d’être vigilantes. "Puis les Marseillais sont sympas, assure Michel, contrairement aux Parisiens, toujours pressés..."

Jean-Jacques FIORITO

Publié le mercredi 07 mars 2012 à 15H49

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