La Provence.com - 19/10/2014

Des changements qui passent mal


"Dans moins de 15 jours, on change de gestionnaire, et il n’a toujours pas pris contact avec nous, on ne connait pas son projet social", s’inquiète Valérie Secco, directrice de l’UHU (Unité d’hébergement d’urgence) de la Madrague Ville. A l’occasion de cette Journée mondiale du refus de la misère, les associations du secteur de l’exclusion, qui travaillent avec l’accueil d’urgence, et qui avaient déjà manifesté lors du dernier conseil municipal, sont revenues sur ce changement de gestion à la tête de l’UHU. A la suite d’un appel à projets, la Ville et la préfecture ont en effet confié la gestion à une association AMS (Association Médiation Sociale). La Fondation Armée du Salut qui gérait le centre depuis 3 ans avait postulé également. "On a été étonné de ce choix, d’autant plus qu’on a récupéré le centre dans un piteux état pour l’accueil des SDF. On faisait même l’avance de certains financements. On a passé 3 ans à humaniser les lieux dans un environnement dégradé", raconte Valérie Secco. "On nous reproche un projet social pas suffisamment "bas seuil". Mais ici il n’y a pas de seuil, on accepte tous les pauvres". En mars, l’UHU était victime d’un incendie, "sinistre prévisible", ajoute Sylvain Rastoin de la Fnars. "Auparavant, la gestion de l’UHU avait été donnée à une agence immobilière à caractère social, avec le résultat qu’on connait", rappelle Fathi Bouaroua, de la Fondation Abbé Pierre. "Ce choix pose à nouveau un problème. AMS est spécialisée dans la prévention de la délinquance. De là à supposer que les SDF sont de potentiels délinquants". Les associations en appellent au préfet, même si la légalité de la procédure laisse peu de marge à un changement de décision. L’Armée du Salut a pris un avocat. "C’est comme si on confiait un hypermarché à un épicier".

Au-delà du choix du gestionnaire, c’est le projet pour 2018, défendu par la Ville et l’Etat qui scandalise les associations : la délocalisation de l’UHU sur un seul site accueillant plus de 300 personnes dans la rue Magalon (15e). "L’accueil de 300 personnes dans une même structure ne peut pas se faire dans des conditions de dignité correcte", disent les associations pour qui ce projet ne remet pas en question la dimension concentrationnaire qui est actuellement dénoncée à la Madrague-Ville. Elles prônent la multiplication de structures à dimension humaine et plus de répartition sur le territoire. "On a les moyens de le faire puisque la Ville met 25M". "Une décision surprenante" également pour Serge Davin de l’Uriopss. "Nos fédérations ont le sentiment d’avoir été flouées et trahies. Dans le futur centre, aucun problème de l’UHU ne se trouvera résolu. Et en attendant 2018, la gestion de la Madrague-Ville va continuer en l’état".


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