La Provence.com - 14/05/2011

HLM : la révolte des locataires à Marseille


La colère gronde dans plusieurs cités de Marseille, où les locataires voient se dégrader leurs conditions de vie. Plafonds qui s’effritent, chauffage défectueux, manque d’entretien des parties communes : l’état de délabrement d’une partie du parc HLM de la ville ne date certes pas d’aujourd’hui. La nouveauté, c’est que désormais les habitants se regroupent et s’informent sur leurs droits pour tenter de prendre les choses en main face aux bailleurs.


À Saint-Barthélémy, à la Visitation, on ne veut plus attendre les réhabilitations promises depuis des années par des responsables. À la Savine, cité construite en 1973, l’amiante est caché dans toutes les cloisons. Et, fait nouveau depuis hier, un collectif de plus de 300 locataires vient de déposer une plainte contre X par la voix de leur médiatique avocat Me Gioia. Pour qu’enfin la vérité éclate sur un "grave problème sanitaire".


A la Savine : contre l’amiante, avalanche de plaintes


Au pied de la tour K, les habitants se regroupent autour de Maître Victor Gioia, avocat au barreau de Marseille. Les banderoles, aux slogans forts sont déployées : "Familles indignées, on veut des réponses" ou encore "rendez-nous notre dignité". Préoccupation commune de tous ces locataires de la Logirem, cité de la Savine (15e) : l’inquiétante présence d’amiante dans les logements depuis leur construction en 1973.


Mais hier, une nouvelle étape a été franchie par le collectif d’habitants qui, rassemblés au sein de l’association "La cigale et les fourmis", oeuvre depuis la fin de l’an dernier pour se faire entendre. "Il y a un vrai problème de santé publique. Depuis près de 40 ans les générations se sont succédées dans ces habitations sans savoir la vérité. Ils vivaient dans l’amiante, c’est un danger mortel", martèle l’avocat.


Au nom de plus de 300 locataires, "des vies laissées à l’abandon", il a déposé hier une plainte contre X. "Il faut que la responsabilité municipale et/ou de l’État soit établie. Je vais demander une vraie expertise médicale pour chaque personnequi inhale au quotidien cet amiante. Je veux une statistique de la mortalité de ces dernières années sur la cité, avec certificats à l’appui, afin de prouver le danger encouru par les locataires", explique MeGioia.


De leur côté, ces locataires, qui ont le sentiment d’avoir été bernés depuis de trop nombreuses années, ne comprennent pas qu’un directeur de la Logirem ait pu leur écrire dans un courrier du 22 septembre 2010 : "Il n’y a aucun risque pour votre santé dans le cadre de l’occupation de votre appartement". Mais alors, pourquoi leur interdit-on de faire le moindre trou dans un mur, de rénover un plafond décrépi par des infiltrations d’eau s’il n’y a "aucun risque".


Et pourquoi aujourd’hui le discours a bien changé ? "Parce qu’on s’est rendu compte après qu’effectivement il y avait de l’amiante dans les joints des cloisons. On veut s’en débarrasser dans le cadre d’un protocole très strict", note à présent la Logirem. De leur côté, M. et Mme Tair nous montrent l’état de leur cuisine et de la chambre du fils : "On ne peut plus rester comme ça et la Logirem ne fait rien. Espérons qu’avec cette plainte ça va enfin bouger".


Et plusieurs de leurs voisins de déplorer des "problèmes respiratoires", appuyés aussi par le témoignage du pharmacien du quartier. À la Savine, on veut "croire à la justice" pour que les familles retrouvent effectivement leur dignité.


"On comprend l’inquiétude des locataires"


Présente hier sur place, Françoise Mesliand, responsable du pôle renouvellement urbain de la Logirem "comprend tout à fait l’inquiétude des locataires et s’il y a des plaintes que la justice se fasse". Par ailleurs, elle confirme que "depuis septembre on planche pour savoir comment faire pour poursuivre la réhabilitation des 715 logements occupés sur la Savine. Si on démolit et on reconstruit, il y en a pour 5 à 8 ans et si on fait des travaux dans chaque logement en supprimant les cloisons intérieures où se trouve l’amiante, le coût est de 100 000 euros par logement. En attendant, il peut y avoir des travaux immédiats mais pas définitifs pour des problèmes d’infiltration d’eau dans 80 appartements concernés. Pendant ces travaux, les occupants pourront aller à tour de rôle dans les 4 logements rénovés".


Lire l’intégralité du dossier aujourd’hui dans La Provence


Sophie MANELLI et Eric ESPANET


Publié le vendredi 13 mai 2011 à 19H22


 

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0