La Provence.com - 14/12/2011

Marseille : pas de chemin pour les Roms


 Alors qu’à la rue Zoccola (15e), un nouveau camp est menacé d’expulsion, les autorités tournent en rond 


Les Roms. Encore et toujours. Une nouvelle fois, la question des campements sauvages revient sur le tapis, sans que le dossier n’ait avancé d’un iota. Toujours aussi nombreux à Marseille (1 000 à 2 000 personnes), toujours plus marginalisés depuis la série d’expulsions de l’été et de l’automne, les Roms sont plus rejetés que jamais par les habitants des quartiers où ils dressent leurs baraques de fortune.


"Les conditions sanitaires qu’on impose à ces familles sont indignes parce que contraires aux valeurs de la République, contraire à l’histoire de Marseille", s’égosille Philippe Dieudonné, de la Ligue des Droits de l’Homme. Rassemblés hier matin devant l’Hôtel de Ville, un collectif d’associations a une nouvelle fois appelé les autorités à trouver des solutions. Mais la simple idée d’une table ronde évoquée depuis 2006... tourne en rond depuis 5 ans. "Le préfet et le maire se renvoient la balle, chacun dit que c’est à l’autre d’organiser cette rencontre", résume Philippe Dieudonné.


Quelles solutions pour les Roms ?


En attendant, les expulsions se poursuivent. Et les camps se déplacent. Après la Porte d’Aix , la Belle-de-Mai, Font-Vert, c’est le "bivouac" de la rue Zoccola (15e), qui devrait prochainement être délogé par les forces de l’ordre. Rescapées des expulsions de l’été, ces familles en caravanes occupent toujours les trottoirs de cette rue toute proche du marché aux Puces. En ordonnant leur expulsion (à la demande de MPM), le tribunal de grande instance avait assorti cette mesure d’un sursis , jusqu’au 17 décembre au matin. Dans ces attendus, la justice pointe la responsabilité des collectivités : "Il n’est pas contestable que le trouble à l’ordre public est généré par l’impossibilité pour cette communauté de pouvoir s’implanter sur des terrains mis à leur disposition."


Des terrains d’accueils disséminés dans la ville : c’est précisément ce que réclament les associations qui travaillent auprès des Roms. À la Belle-de-Mai, elles ont donné l’exemple en accueillant quelques familles sur un espace d’hébergement financé par le Conseil régional. "C’est très insuffisant mais ça prouve que ça marche" estime la LDH. D’autres villes ont pris le même chemin. À Strasbourg, à Lille, à Saint-Ouen, à Aubervilliers, des "villages d’insertion" ont vu le jour sur des terrains communaux. À Orly, 70 personnes sont hébergées dans des cabanes en bois financées par les collectivités.


À Marseille, suite aux expulsions de la Porte d’Aix, une centaine de Roms avaient été accueillis à l’unité d’hébergement (UHU) pour sans-abris de la Madrague-Ville. "Mais désormais, regrette la LDH, l’asile n’est donné qu’à ceux qui acceptent de quitter la France."


Publié le mardi 13 décembre 2011 à 20H07

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