La Provence.com - 25/09/2016

Marseille : les cités veulent avoir leur droit de cité

Écrit par Florent De Corbier

samedi 24 septembre 2016 14:21

Alors que la métropole s’empare de la rénovation urbaine, une visite des sites en cours de réhabilitation avait lieu hier à Marseille. Longtemps à la traîne, la Ville dit avoir rattrapé son retard et mise sur le désenclavement et la diversification de l’habitat.

C’est une visite que ne propose pas l’office de tourisme de Marseille. Pourtant, arpenter en une matinée les différents quartiers en plein renouvellement urbain nous apprend énormément sur l’histoire de la ville. Hier, le groupement d’intérêt public Marseille rénovation urbaine (GIP-MRU) proposait un point d’étape sur les 14 projets en cours (lire les repères) censés « reconnecter les quartiers à la ville ».

Une visite en bus, sans arrêt, du centre-ville à Saint-Antoine et la Viste, en revenant par Saint-Barthélémy et Saint-Paul. Un chantier épars, hors normes, qui fait de Marseille le plus important programme de rénovation urbaine à l’échelle d’une seule commune. Il faut dire que de par son histoire et sa topographie, la ville s’est développée de manière anarchique. « Marseille a manqué de planification urbaine et, pendant longtemps, il n’y a pas assez eu de volonté forte d’y remédier », expose Nicolas Binet, directeur du GIP-MRU.

À plusieurs reprises dans la visite, notamment dans les quartiers Nord, il déplore ce patchwork urbain. « On a urbanisé dans les années 70 des morceaux de vide sans se soucier de la manière de vivre et de la desserte, un modèle qui pousse à être replié sur soi », argumente-t-il. 50 ans plus tard, les conséquences sont toujours inéluctables.

La puissance publique tente donc de reprendre la main par de vastes opérations qui passent principalement par la réhabilitation de l’existant mais aussi des démolitions et nouvelles constructions. Diversification de l’habitat avec une meilleure intégration du locatif social, désenclavement des quartiers par la construction de nouvelles voies routières, mais aussi modernisation des équipements publics et reconstitution d’un tissu économique -zone franche- sont les orientations générales prises par MRU.

En centre-ville, autour de la rue de la République, Belsunce ou Saint-Mauront, « le tricotage est long mais passionnant », selon Nicolas Binet, soulignant la présence de multiples îlots dégradés.

« Je mesure les difficultés »

Forcément, tous ces projets ne se font pas en un coup de truelle. « Il y a une difficulté face à l’ampleur du temps car je crois qu’aucune autre ville en France ne compte autant d’espaces dégradés », s’aventure le directeur du GIP-MRU, qui tient à saluer « la convergence de tous les opérateurs ». « Il faut que ce soit positif pour les habitants, on discute avec eux pour ne pas agir comme des forcenés », fait-il valoir.

Un des écueils rencontrés concerne les grandes copropriétés privées dégradées où prospèrent les marchands de sommeil. « On discute étroitement avec Euromed pour les sites de Maison Blanche (14e) ou Bel Horizon (3e) », indique Arlette Fructus, adjointe (UDI) en charge du logement et présidente du GIP-MRU. Des aménagements ont déjà eu lieu aux parcs Bellevue (3e) ou Kallisté (15e). D’autres sont attendues comme au parc Corot (13e). L’État dispose d’outils juridiques pour contraindre les propriétaires à faire des travaux voire à reprendre la main. « Nous avons identifié une douzaine de copropriétés particulièrement dégradées », note Yves Rousset, préfet délégué à l’égalité des chances.

« Je mesure les difficultés », euphémise Arlette Fructus, également vice-présidente de la métropole qui s’annonce, d’après l’élue, comme « un accélérateur pour le renouvellement urbain ». « On ne parle toujours que du renouvellement urbain par des choses négatives mais il y a beaucoup de positif avec la transformation du cadre de vie qui n’est certes pas le temps des médias et des habitants », plaide Arlette Fructus. Ni parfois celui des élus...

F.C.

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