L’Express.fr - 10/08/2011

Marseille : "Expulser les Roms ne fait que déplacer le problème"


 Parmi les Roms faisant l’objet de l’arrêté municipal d’expulsion à marseille, se trouve une trentaine d’enfants.


Les 90 personnes visées par l’arrêté d’expulsion pris ce lundi à Marseille ont jusqu’à ce soir pour quitter le quartier de la porte d’Aix. Elles ont reçu ce matin le soutien des associations.


Les Roms ne sont plus les bienvenus à Marseille. La mairie a pris lundi un arrêté municipal pour évacuer plusieurs dizaines de Roms installés dans le quartier de la porte d’Aix. Ils ont reçu mardi soir à 21h la visite de la police, leur notifiant l’arrêté d’expulsion, et ont désormais 24 heures pour quitter les lieux. Pour les associations, il s’agit d’un "harcèlement policier".


Ce mercredi, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Médecins du Monde et des élus du Front de Gauche sont montés au créneau. Plusieurs de leurs représentants se sont rendus sur les lieux du campement et le collectif a démarché plusieurs mairies de secteur pour leur demander de prendre en charge l’hébergement des Roms. Sans résultat, jusqu’à présent.


"Nous organisons un rassemblement devant la mairie centrale de Marseille ce mercredi soir à 18 heures pour soutenir les Roms et dénoncer l’attitude de la municipalité", explique Caroline Godard, membre de la LDH Marseille.


"La mairie souhaite cacher la misère"


Expulser les Roms est une mesure inefficace, selon les associations. "La réponse de la mairie est désespérante. Elle souhaite cacher la misère. En expulsant ces personnes aujourd’hui, on ne fait que déplacer le problème d’un trottoir à un autre", explique Caroline Godard.


Le groupe des élus Front de Gauche au conseil régional de Paca s’est également indigné, dans un communiqué, du manque de solutions pérennes proposées par la Mairie : "Au lieu de dépenser du temps et de l’énergie à chercher un lieu où ces familles pourraient se stabiliser dans des conditions décentes de vie, d’hygiène et de salubrité, les autorités se mobilisent... pour les chasser, les traquer, les renvoyer toujours un peu plus loin".


"La réponse de la mairie est désespérante. Elle souhaite cacher la misère.


La LDH craint que de nouveaux arrêtés d’expulsions ne soient pris contre les autres lieux de rassemblement de la ville où les Roms ont trouvé refuge. "Les personnes visées aujourd’hui par l’arrêté municipal ne sont que la partie visible de l’iceberg", ajoute Caroline Godard.


"La mairie de Marseille est dans une logique d’expulsion ancienne, qui n’apporte pas de solution durable", regrette de son côté Stéphane Lévêque, président de la Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (FNASAT). Selon lui, la mairie devrait tout faire pour trouver des logements et héberger ces populations. "La situation des Roms met en exergue la carence manifeste de logements de l’Etat", conclut-il. 


Par Yves Montuelle, publié le 10/08/2011 à 16:45

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