La Provence.com - 15/01/2014

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Marseille Aménagement : la Chambre régionale des comptes alerte la justice

Marseille

Les magistrats financiers ont demandé au parquet de Marseille l’ouverture d’une enquête, notamment en raison de soupçons de "favoritisme"

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La patinoire de la Capelette est un des chantiers portés par Marseille Aménagement. Elle a coûté 56,7 millions d’euros.

Photo cyril sollier

Selon nos informations, un des huit signalements adressés en 2013 à la justice par la Chambre régionale des comptes suite à ses contrôles, concerne Marseille Aménagement (SEMA), une société d’économie mixte liée à la mairie qui en est l’actionnaire historique. Le parquet a été officiellement saisi en décembre par les magistrats financiers pour une possible "ouverture d’une action pénale" sur cette structure qui a piloté durant une quinzaine d’années des dossiers comme la réhabilitation du centre-ville (la Soleam l’a remplacée depuis peu).

Parmi les "faits" qui ont attiré l’attention des magistrats financiers, il y a les surcoûts liés à un terrain acheté en 2003 à Réseau Ferré de France pour construire à la Capelette le Palais de la glisse. D’un montant total de 3 395 487 euros, cette opération a accumulé les bizarreries comme l’avait révélé La Provence. Ainsi, la SEMA a accepté de verser 2 millions d’euros pour obtenir le départ de l’ancien locataire qui occupait "irrégulièrement" les lieux depuis 5 ans, Laser Propreté (1). Or la Chambre a établi qu’elle aurait pu se contenter de payer une indemnité de 193 000 euros : le contrat initial de location prévoyait en effet "une indemnité maximale"  ! Lors du contrôle de la Chambre, Dominique Vlasto, l’élue UMP qui présidait la SEMA, a assuré qu’"une approche pragmatique" avait été "privilégiée" en accord avec la mairie "dans le déménagement de l’entreprise Laser".

Autre élément qui n’a pas manqué d’intriguer les magistrats financiers, le choix par la SEMA de confier peu de temps après, et sans mise en concurrence, la réalisation d’un pôle commercial de 20 000 m² à un groupement au sein duquel apparaît Sifer, une société liée au même groupe familial que Laser. Prévu sur un terrain voisin, le projet "Bleu Capelette" a été présenté en 2007 par Jean-Claude Gaudin lors du salon de l’immobilier de Cannes. La SEMA n’ayant vendu le terrain aux promoteurs que 4 ans après, ce n’est que prochainement que doivent démarrer les travaux de terrassement.

Interrogé par la Chambre, le directeur de la SEMA a expliqué que cette absence de concurrence était "une volonté délibérée de sa part" pour "éviter d’alimenter une spéculation foncière". Chez Sifer, on assure que d’autres sociétés étaient en lice. Il appartient désormais à la justice de déterminer si cela ne relevait pas en fait du "favoritisme".

(1) Laser Propreté n’a pas donné suite à nos demandes d’interview.


Du travail dissimulé ?

Pour la Chambre, Marseille Aménagement pourrait également être inquiétée pour "travail dissimulé". En 2010, trois cadres qui avaient officiellement quitté la société avec de fortes indemnités ont continué à occuper leurs postes grâce à des contrats privés.

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