20 minutes.fr - 7/07/2011

La lutte contre l’habitat indigne, une priorité à Marseille


 La lutte contre l’habitat indigne, un des grands fléaux de Marseille, où le parc immobilier privé est "dégradé et ancien", avec des propriétaires parfois aussi pauvres que leurs locataires, est devenue une priorité dans la cité phocéenne.


Une étude du ministère du Logement de 2007 classait plus de 30.000 logements, soit 1/5e du parc immobilier privé à Marseille, comme potentiellement indignes, précise Thierry Moallic, directeur de l’Adil-13 (Association départementale d’information sur le logement).


"C’est une vraie question à Marseille", reconnaît M. Moallic, qui a traité en 2010 plus de 2.000 situations d’habitat dégradé.


"Le parc est dégradé parce qu’il est ancien, plus que dans d’autres villes en France, les propriétaires sont plus pauvres qu’avant donc ils ont du mal à assurer des travaux, et les locataires n’ont bien souvent pas d’autres choix que de se rabattre sur du bas de gamme, voire des taudis", explique-t-il.


Et "derrière un dossier, il y a toute une famille", ajoute-t-il.


Ce sont les arrondissements du centre (1er, 2e, et 3e) et des quartiers Nord (15e, 16e) qui sont le plus touchés : les 2e et 3e arrondissements concentrant à eux seuls 40% des logements potentiellement indignes de la commune.


C’est tout le paradoxe, résume Brigitte Moissonnier, responsable du service santé-environnement à l’Agence régionale de santé (ARS) : "Dans le Sud, on a les plus belles villas de la Côte d’Azur mais également les logements les plus pourris !"


Et de citer jusqu’aux caves, garages, abris pour animaux transformés en habitations, où des personnes vivent parfois depuis plus de 40 ans. "C’est intolérable, et parfois les propriétaires vivent aussi mal que leurs locataires", souligne-t-elle.


A cette exclusion sociale par le logement s’ajoutent les pathologies immanquablement liées : "saturnisme infantile, risques d’intoxication au monoxyde de carbone, asthmes et allergies, troubles dépressifs, du sommeil, etc.", détaille Mme Moissonnier.


Devant cette situation, le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, a décidé fin mai de mettre en place un "groupement opérationnel de lutte contre l’habitat indigne" (Golpi), dont la première réunion se tient jeudi.


Piloté par le vice-procureur Ludovic Leclerc, le Golpi, auquel participe l’ARS, la préfecture, la mairie, la police et la gendarmerie, doit se tenir une fois par trimestre pour "faire avancer concrètement les procédures en cours", selon le parquet.


Pour ce faire, des "fiches de signalements" ont été distribuées aux acteurs susceptibles d’entrer en contact avec des locataires mal-logés (médecins, huissiers, forces de l’ordre, pompiers, etc.).


Ensuite, si l’insalubrité est confirmée par les experts de l’ARS, un arrêté préfectoral est pris (une soixantaine déjà depuis le début de l’année).


En cas de situation grave, les propriétaires abusifs, "comme les marchands de sommeil", risqueront désormais des peines allant jusqu’à dix ans de prison, et non plus de simples amendes ou du sursis, si la vulnérabilité des locataires est avérée.


A la mairie, on se félicite de cette démarche judiciaire, qui complète le dispositif mairie/Etat mis en place depuis 2003 et renouvelé jusqu’en 2013.


Sur les quelque 500 immeubles recensés comme insalubres, 350 ont déjà bénéficié de travaux de réhabilitation, après accord avec leurs propriétaires. Sur les 150 autres les plus dégradés, la réhabilitation de 21 immeubles (soit 82 logements) est programmée, 26 logements devant être livrés cette année.
© 2011 AFP

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