La Provence.com - 14/09/2016

Logement : "L’État a besoin de collectivités engagées"


La ministre du Logement entend obtenir des avancées sur l’habitat à Marseille

Il ne s’est pas écoulé une semaine depuis sa dernière visite à Marseille, avec le Premier ministre Manuel Valls. Revoici Emmanuelle Cosse à l’occasion du congrès sur l’habitat durable à la Villa Méditerranée, aujourd’hui. La ministre du Logement et de l’habitat durable profitera de sa visite à Marseille pour rencontrer notamment des associations qui luttent contre le mal-logement et en la matière, elle a de quoi dire...

Deux visites à Marseille en quelques jours, c’est une façon de mettre la pression sur les politiques locales liées à l’habitat ?
Emmanuelle Cosse : Je me déplace beaucoup de manière générale mais particulièrement, je crois qu’il y a sur le territoire de la métropole marseillaise, encore beaucoup à faire sur la question du logement ; il est important que j’y vienne y compris pour obtenir des avancées. Ma venue était liée au départ au congrès sur l’habitat durable mais je vais en profiter pour traiter d’autres sujets, comme le logement insalubre et l’hébergement.

Manuel Valls a déclaré : "Marseille a besoin d’aide, mais je ne trouve pas toujours un appétit vis-à-vis de l’État..." Que vous inspirent ces propos ?
E.C. : Le Premier ministre a demandé à plusieurs reprises que les engagements pris sur Marseille soient forts et tenus parce que c’est une ville qui connaît de gros problèmes liés à la pauvreté, par rapport à une certaine richesse de la Métropole, il ne faut pas s’en cacher. Aujourd’hui, la résorption notamment du mal-logement est une priorité pour le gouvernement de même que les questions de sécurité. Nous avons évoqué avec la Métropole deux sujets absolument majeurs pour la population : répondre aux besoins de logements et de transports publics.

Il ne s’agit pas de distribuer les bons et les mauvais points, mais prenons l’exemple de la loi SRU (qui impose aux communes de plus de 3 500 habitants, 25 % de logements sociaux, ndlr), il faut rappeler que, sur les 221 communes carencées en France, 42 sont dans les Bouches-du-Rhône.

Vous pensez que les politiques locales ne sont pas assez franches sur les questions du logement ?
E.C. : Je ne vais pas porter de jugement de valeur. La Métropole doit monter en puissance. Sur l’habitat insalubre en particulier, un dossier extrêmement difficile, complexe juridiquement, et qui exige beaucoup de constance. Quand la ville de Paris s’est engagée en 2001 à résorber l’habitat insalubre, il lui a fallu huit ou neuf ans pour arriver au bout du premier plan d’éradication, il a fallu créer des outils, trouver des opérateurs, consacrer un grand nombre de crédits et mobiliser des crédits de l’État. Cela a été très long. Mais il ne faut pas se dire : "C’est tellement difficile qu’on ne peut pas le faire". Il faut décider d’y aller et accepter que l’on va le faire pour les quinze prochaines années. On est en train de gagner cette bataille de l’habitat insalubre sur un certain nombre de territoires en France et il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas à Marseille. L’État s’engage ici, mais on a aussi besoin de collectivités mobilisées !

Les logements HLM tels qu’ils ont été imaginés dans les années 60 à Marseille, essentiellement dans le nord de la ville, sont-ils selon vous une réussite ?
E.C. : La politique des grands ensembles a été un grand progrès dans notre pays. Elle a répondu à une nécessité de satisfaire une main-d’oeuvre qui arrivait de la campagne et a permis de sortir les gens des bidonvilles. Le modèle de société que ces ensembles posaient était très intéressant. Là où cela n’a pas fonctionné, c’est lorsqu’on a concentré ces habitations sur un seul quartier mais plus souvent encore, lorsque le bâti était fait trop rapidement pour tenir dans la durée. Le modèle est aujourd’hui réinventé. On fait du logement social partout, on est moins dans l’idée du grand ensemble. Enfin, on construit des logements qui sont de bien meilleure qualité qu’avant !

 

Lettre d'information

Vous pouvez vous abonner gratuitement ici à la liste de diffusion de Centre Ville Pour Tous.


Association "Centre ville pour tous"
Cité des Associations
BP n° 241
93, la Canebière
13001 Marseille

Contact

Mise à jour : lundi 10 juillet 2017 | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0