La Provence.com - 11/09/2016

Logements, Métropole... Valls visite les chantiers marseillais

 

En visite sur le thème du logement, le Premier ministre affiche son autorité

Manuel Valls a prévenu. "Je ne répondrai aux questions que sur le logement". Inutile d’aller chercher le Premier ministre sur le terrain politique, pas plus que sur celui de l’identité ou de l’environnement. Autant de thématiques sur lesquelles il est contesté au sein de son gouvernement et chez les parlementaires socialistes des Bouches-du-Rhône. Inflexible derrière des sourires crispés, le Premier ministre s’en est tenu, hier, entre Gignac-la-Nerthe et Marseille, à sa feuille de route. Certes tout sauf inintéressante. Essentielle, même, puisqu’il fait du logement la pierre de taille de son action. "Le logement impacte tant d’autres aspects de la vie quotidienne. Je veux montrer, au moment où nos concitoyens croient peu en la parole publique qu’il est possible de mener une politique volontariste et joindre les actes aux discours", explique le Premier ministre.

Rien de tel, quand Paris bruisse de mauvais coups et de phrases assassines, que de filer en déplacement. Et de se munir d’un casque de chantier pendant que les autres parlent. Une façon, aussi, de prendre de la hauteur. Il sera toujours temps, le cas échéant, d’entrer dans la bagarre politicienne.

Accompagné d’Emmanuelle Cosse, ministre EE-LV du Logement qu’il n’a cessé de choyer hier, le voilà donc dans la poussière des logements sociaux. La cible est choisie : Gignac fait partie des 42 communes carencées des Bouches-du-Rhône, département de loin le plus indiscipliné de France en la matière. Alors que la loi SRU exige depuis 2013 la présence de 25 % de logements sociaux dans le parc habitable, Gignac n’a rempli que 10 % de ses objectifs. Mais fait amende honorable. "Notre population a doublé entre 1982 et 1990 , cela a été brutal, se défend Christian Amiraty, maire ex-PS. Depuis, il n’y a pratiquement aucun terrain et il faut maîtriser la promotion privée. La loi SRU ne prend pas suffisamment en compte les diversités locales. Un peu de souplesse serait bienvenue."

Juste avant, il avait fait visiter au chef du gouvernement quinze logements sociaux livrables en janvier prochain. Puis la maquette d’un futur lotissement de 100 habitations, dont un tiers sociaux, assortis d’une école et d’équipements publics. Une table ronde plus tard, ils signeront un contrat de mixité sociale, liant la commune à l’État. "Sur les 221 villes françaises en retard, 90 % ont signé ces partenariats, note Manuel Valls. Manier la carotte et le bâton fait parfois avancer les choses."

Le Premier ministre est dans son rôle préféré : celui de l’intransigeance affichée pour faire avancer sa fameuse "promesse républicaine", en matière d’égalité des chances notamment. "De l’ultra-républicain", s’agacent les critiques au sein de la majorité. Lors de la table ronde, à Gignac, il n’a pas hésité à réprimander sèchement la majorité de droite à Marseille, accusée de ne pas répartir les logements sociaux entre ses quartiers. "Elle est l’une des plus belles villes de France, des plus pauvres, aussi. Elle a besoin qu’on l’aide. Mais s’il n’y a pas de volontarisme... Je ne trouve pas toujours un appétit vis-à-vis de l’État". Chargée du Logement à la Ville, la Métropole et la Région, Arlette Fructus (UDI) défendra "la volonté des élus face aux difficultés" liées au foncier ou aux lenteurs administratives et institutionnelle. Président du bailleur social 13 Habitat, Lionel Royer-Perreaut (LR) relèvera, lui, "les incohérences sur les attributions de logements ou les différences de traitement entre travailleurs pauvres et bénéficiaires du RSA". Autant d’obstacles qui freinent la construction. Manuel Valls le sait. Mais il doit rester fidèle à son image.

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